Radioactivité en hausse dans la mer à Fukushima


 

La communauté de logiciels Open Source à laquelle appartient WordPress a du bon ! Voilà seulement 24 heures que la création de ce blog « Partager pour Comprendre » est chose faite, et ce matin dimanche 27 mars, sur le tableau de bord d’Administrateur du blog s’affichait un post daté de dimanche 27 mars 2011, 01h00 heure de Paris, signé de l’Agence Reuters! Étonnant, non ? L’explication est évidente; cette dépèche Reuters couvrant exactement le même sujet que celui abordé jusqu’ici dans mon blog, l’hébergeur de blogs WordPress.com est capable de repérer la complémentarité dans l’information, et de faire suivre automatiquement.

Ce qui suit est donc la copie intégrale de la dépèche Reuters en question, qui entraînera quelques commentaires de ma part, in fine.

Asie, Japon, centrale nucléaire Fukushima, dimanche 27 mars 2011, 01h00 heure de Paris, Radioactivité, Pollution, Alimentation – Radioactivité en hausse dans la mer à Fukushima –

Reuters – Yoko Kubota, avec Kiyoshi Takenaka, Chizu Nomiyama et Shinichi Saoshiro à Tokyo, Susan Cornwell à New York; Nicole Dupont pour le service français –

Le niveau de radioactivité a fortement augmenté dans la mer à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima où les techniciens s’employaient dimanche à pomper des flaques d’eau radioactive dans les bâtiments abritant trois des six réacteurs de la centrale. Des analyses effectuées vendredi ont indiqué que le niveau d’iode 131 dans l’eau de mer à 30 km de la centrale était 1.250 fois supérieur à la normale, mais ce n’est pas jugé dangereux pour la vie marine ou la sécurité alimentaire, a déclaré l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle. « Les courants océaniques disperseront les particules radioactives, de sorte que ce sera très dilué avant d’être absorbé par les poissons et les algues », a déclaré un responsable de l’Agence, Hidehiko Nishiyama. En dépit de ces assurances, ces analyses risquent de renforcer les inquiétudes quant à l’innocuité des exportations alimentaires japonaises. Plusieurs pays ont déjà interdit le lait et les produits de régions proches de la centrale de Fukushima Daiichi et d’autres contrôlent étroitement les fruits de mer nippons. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part déclaré qu’il était temps de réexaminer le régime international de sûreté nucléaire. Jeudi, trois techniciens ont souffert de brûlures après avoir été exposés dans le réacteur n°3 à un niveau de radioactivité 10.000 fois supérieur à celui mesuré d’ordinaire dans un réacteur. Un responsable de Tokyo Electric Power Co (Tepco), exploitant de la centrale, a déclaré dimanche lors d’une conférence de presse que les experts devaient encore déterminer où évacuer l’eau contaminée pompée dans les bâtiments tandis que les techniciens s’employaient toujours à tenter de rétablir complètement le courant dans la centrale. Tepco a fait savoir qu’il utilisait de l’eau douce et non plus de l’eau de mer pour refroidir une partie des réacteurs de crainte que des dépôts de sel entravent le processus de refroidissement.

SITUATION LOIN D’ÊTRE RÉGLÉE – Deux des six réacteurs sont maintenant considérés comme stabilisés mais les quatre autres, qui émettent par intermittence de la vapeur ou de la fumée, suscitent des inquiétudes. L’agence de sûreté nucléaire a cependant déclaré samedi que la température et la pression étaient stabilisées dans tous les réacteurs. Le gouvernement a néanmoins dit que la situation était loin d’être réglée, bien qu’elle ne se soit pas détériorée. Nous empêchons la situation de se détériorer. Nous avons rétabli le courant et injecté de l’eau douce et nous effectuons les étapes essentielles pour améliorer les choses, mais la vigilance reste de mise, a déclaré samedi Yukio Edano, secrétaire général du gouvernement japonais. Le directeur général de l’Agence internationale de l’Energie atomique, Yukiya Amano, a prévenu que les efforts pour stabiliser les réacteurs accidentés à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars pourraient encore durer des semaines, si ce n’est des mois. Amano a dit voir quelques « signes positifs » avec le rétablissement partiel de l’électricité dans la centrale. Mais tout en disant qu’il ne critiquait pas la réaction japonaise, il a ajouté que « davantage d’efforts devraient être faits pour mettre fin à l’accident ». Interviewé par téléphone par le New York Times, l’ancien diplomate nippon a déclaré que sa plus grande préoccupation portait sur les barres de combustible usagé placées dans des piscines ouvertes de refroidissement au sommet des bâtiments abritant les réacteurs. Il a dit ne pas être certain que les efforts de projection d’eau de mer dans les piscines pour empêcher les barres de surchauffer et de dégager des matières radioactives en grande quantité avaient réussi. Si les piscines sont remplies d’eau mais que les systèmes de refroidissement ne sont pas réparés, « la température va monter » laissant craindre de nouvelles émanations radioactives, a-t-il dit.

Il n’est pas sans intérêt d’examiner comment les média français exploitent une telle source d’information, qui présente la grande qualité de ne pas mêler énoncés de données factuelles et appréciations toujours sujettes à caution.

Les bulletins d’information d’Antenne 2 à la TV, et d’une radio grand public, à 8 heures ce matin dimanche, avaient une tonalité nettement alarmiste, et étaient, comme malheureusement d’habitude, entachés d’inexactitudes et de biais regrettables:

Exemple 1: Antenne 2 reprend correctement l’information selon laquelle l’activité en Iode 131 est 1200 fois supérieure à la normale, mais omet de citer la suite de la dépèche Reuters, à savoir que ces niveaux atteints ne sont pas jugés dangereux pour la vie marine et la sécurité alimentaire.

Exemple 2: Le Figaro en ligne met en exergue l’irradiation subie par 3 agents de Tepco, auxquels a été infligée une dose 10.000 fois supérieure à la normale. Mais il est omis de signaler l’information dont nous faisions état dans un de nos posts précédents (voir), à savoir que la dose reçue étant demeurée inférieure à 250 mSv, était restée inférieure à ce qui est considérée par les autorités comme une limite jugée acceptable dans des conditions accidentelles (voir aussi), ce qui est bien entendu le cas. 

Exemple 3: D’autre part, l’expert interrogé à la radio a confondu réacteurs n°2 et n°3. C’est sans doute anecdotique, mais ne renforce guère l’idée qu’il connaît bien son dossier. Il ne semble par contre pas être au courant du fait que les experts américains (General Electric est le concepteur de ces réacteurs) paraîssent  bien redouter le risque encouru du fait de l’injection d’eau de mer dans les réacteurs. Au point qu’ils ont dépêché des barges d’eau douce vers le site. C’était sans doute un des scoops à ne pas manquer ce matin !

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2 commentaires

  1. Ne serait-il pas judicieux de faire part de vos pertinentes remarques aux
    différents intervenants (Figaro, TV, Radios..etc….).
    Je pense qu’il est bon de leur montrer que certains spécialistes suivent également leurs …..mauvaises informations…… Cette « nourriture » morbide et alarmiste devrait être interdite aux « Bons journalistes »…..
    Mais : en reste-il encore quelques uns ?

    1. Je comprends votre réaction et je la partage. Les titres d’un Journal Télévisé national, à 7 H 00 ce matin, mardi 29 mars, m’ont encore fait bondir. Sur fond d’écran montrant pour la nième fois le hangar ravagé d’une des unités de Fukushima (hangar qui ne joue aucun rôle dans la sûreté de la centrale), le commentateur annonce que la situation s’est encore aggravée, sans expliquer comment. En fait, depuis 24 heures, aucun fait nouveau, en mieux ou en pire, n’a été découvert. Tepco (même si sa communication est minimaliste) affirme toujours que la situation ne s’aggrave pas. Mais ceci, aux yeux tout au moins de ceux que vous qualifiez de « bons journalistes », ne doit pas constituer une information intéressante. Le monde médiatique est malheureusement ainsi fait…

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