Fessenheim: Un arrêt injustifié en 2016


La centrale nucléaire de Fessenheim, mise en service en 1978, est la plus ancienne centrale nucléaire française. Ses deux réacteurs lui assurent une puissance électrique de 1.800 MW, soit un peu moins de 3% de la puissance électronucléaire française, mais ce qui peut fournir plus de 50% de la production d’électricité en Alsace.

François Hollande a annonçé début septembre la fermeture définitive de Fessenheim fin 2016, dans le cadre de son  objectif de réduire la part du nucléaire dans l’électricité produite de 75% actuellement à 50% à l’horizon 2025, une de ses promesses de campagne.

 Sur la base de leurs connaissances et de leur expérience, trente anciens Directeurs de Centrales nucléaires d’EDF, considérant que la décision d’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016 ne repose sur aucun argument rationnel, ont rédigé un communiqué de presse qu’il me semble intéressant de partager avec vous, afin de mieux comprendre les données techniques et économiques de la situation.

Voici donc ci-dessous le mémorandum signé par ces  exploitants nucléaires  qui  ont participé à la construction, à la mise en service, et au fonctionnement du programme électronucléaire français lancé au début des années 1970.

 

FESSENHEIM : Un arrêt injustifié en 2016.

1 – La sûreté de la centrale est-elle déficiente ?

Ce n’est pas l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), seule compétente pour en juger, qui vient de donner son accord pour la poursuite du fonctionnement pendant 10 ans de Fessenheim 1 au vu des examens et des travaux réalisés pendant la dernière visite décennale. L’autorité de sûreté nucléaire instruit actuellement le dossier de Fessenheim 2. Comme pour toutes les centrales françaises, elle a donné des instructions pour que des travaux soient réalisés dans des délais courts à la suite des examens complémentaires de sûreté post-Fukushima. L’exploitant EDF s’est engagé à les réaliser dans les délais. Et ces travaux ne remettent pas en cause l’équilibre économique de ces installations.

De plus, Fessenheim fait partie du parc EDF homogène de 58 réacteurs à eau sous pression, issus de la licence Westinghouse. Il y a plus de 100 réacteurs au monde de cette famille. Chaque événement, qu’il provienne du parc français ou mondial, fait l’objet d’une analyse et les modifications matérielles ou organisationnelles qui en résultent sont approuvées par l’ASN avant d’être mises en oeuvre.

Fessenheim est à jour de toutes ces modifications à la suite des 2 récentes visites décennales. Il faut bien comprendre qu’une installation industrielle ne vieillit pas au sens biologique du terme. Les composants usés sont remplacés par des composants neufs et souvent de qualité supérieure. La centrale nucléaire de Fessenheim est totalement conforme aux référentiels de sûreté actuels. Elle est aujourd’hui au meilleur niveau de sûreté.

2 – Ces deux unités sont-elles obsolètes technologiquement ?

Non.

La centrale de référence de Fessenheim construite sous licence Westinghouse aux USA, Beaver Valley 1, qui a démarré un an avant Fessenheim 1, a reçu une autorisation de fonctionnement pour une durée de 60 ans de la part de l’Autorité de Sûreté des USA.

Par ailleurs, de nombreux réacteurs du même type, en fonctionnement en Europe, sont plus anciens que Fessenheim et continuent à être exploités :

– En Belgique, Doel 1(date de mise en service : 1974), Doel 2 (1975) et Tihange 1 (1975),

– En Suisse, Beznaü 1 (1969) et Beznaü 2 (1971),

– En Espagne, Santa Maria de Garona (1971),

– En Suède, Ringhals 2 (1975).

L’Espagne va arrêter définitivement la centrale de Santa Maria de Garona en 2012 après 41 ans de fonctionnement. Cette centrale est du même type que celle de Chooz A dont l’arrêt définitif remonte à 1991.

3 – Ces deux unités sont elles obsolètes économiquement ?

Non.

Leur exploitation est au contraire très rentable. C’est ce qui ressort du rapport de la Cour des Comptes et du rapport du Centre d’Analyse Stratégique tous deux réalisés sur ce sujet précis en 2012. Ces deux instances, totalement indépendantes de l’exploitant, confirment l’intérêt économique de la centrale de Fessenheim qui dégage un revenu annuel de 400 millions d’euros pour EDF, ce qui contribue à la compétitivité du kWh nucléaire et aux tarifs modérés de l’électricité vendue aux consommateurs français.

4 – Y-a-t-il surcapacité de production d’électricité en France et plus généralement sur la plateforme continentale de l’UE ?

Non.

C’est à la situation inverse qu’il va falloir faire face : aujourd’hui, et plus encore d’ici 2016 avec l’arrêt définitif de nombreuses installations thermiques européennes en raison de leur obsolescence vis-à-vis des nouvelles normes environnementales sur les rejets gazeux. En France, la perte de capacité de production va être de 8 700 MWe à l’horizon 2016 (sans compter les 1 800 MWe de Fessenheim) ce qui justifie la poursuite du fonctionnement des installations qui, telles les deux unités de Fessenheim, participent à la production d’une électricité sans émission de gaz à effet de serre.

Le dernier rapport de RTE sur la prévision de l’équilibre production-consommation d’ici 2016 en France, fait état de  la perte des outils de production suivants:

– l’arrêt des 15 groupes au charbon mis en service avant 1975, soit – 3 900 MWe

– l’arrêt de 6 des 8 groupes à fioul pour le respect de la Directive IED, soit – 3 800 MWe

– une diminution de la cogénération de – 3 000 MWe

– la construction de 2 000 MWe de cycle combiné à gaz.

Soit une perte de 8 700 MWe.

L’argument mis en avant sur la création d’un pôle d’excellence de déconstruction n’est pas recevable. La déconstruction d’une installation nucléaire ne requiert que 10 % environ des effectifs d’exploitation et les profils d’emplois sont complètement différents.

EDF dispose d’une compétence de haut niveau en matière de déconstruction avec un centre d’ingénierie spécifique, le CIDEN à Villeurbanne, qui supervise la déconstruction de 9 centrales représentant toutes les filières. La France, au travers d’EDF et de ses co-traitants, a donc déjà une expertise globale et reconnue sur la déconstruction de toutes les filières nucléaires.

Les centrales en cours de déconstruction sont :

Centrale de Brennilis à eau lourde, 6 unités à uranium naturel-gaz-graphite de Chinon, Saint Laurent des Eaux et de Bugey, centrale à eau pressurisée de Chooz A dans les Ardennes et la centrale à neutrons rapides de Creys-Malville dans l’Isère. Ainsi toutes les technologies sont représentées.

La centrale de Chooz A est de la même technologie que celle de Fessenheim et permet de qualifier les techniques de déconstruction du parc français en activité.

Conclusion

L’ASN, seule instance compétente pour juger de la sûreté et de l’obsolescence technologique des installations électronucléaires, ne demande pas l’arrêt de Fessenheim.

La Cour des Comptes ainsi que le Centre d’Analyse Stratégique, tout comme l’exploitant, confirment l’intérêt économique de ces installations malgré les travaux consécutifs à l’accident de Fukushima.

La consommation d’électricité française augmente et la production de base nucléaire est bien utilisée. L’Europe continentale va perdre « naturellement » plus de 10 000 MW en puissance de production d’ici 2016. Or, aujourd’hui, il n’est plus possible de raisonner de l’équilibre électrique uniquement sur le plan hexagonal.

L’arrêt prématuré de Fessenheim porterait un grave préjudice à l’un des secteurs industriels dans lequel la France est reconnue au plan mondial. Il serait paradoxal, en ces temps économiques difficiles pour notre pays, de le priver de moyens industriels utiles et des 2 200 emplois productifs associés.

Les trente signataires considèrent que la décision d’arrêt définitif de Fessenheim 1 et 2 en 2016 est prématurée et ne repose sur aucun argument rationnel.

Ils proposent donc d’attendre la position qui sera prise par l’ASN lors des prochaines visites décennales. De toute façon, l’ASN peut à tout moment exiger l’arrêt momentané ou définitif d’une installation quelle qu’elle soit.

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9 commentaires

  1. ASN, rapport de janvier 2012 p. 201 : « En juillet 2011 dans le cadre de la poursuite d’exploitation au-delà de 30 ans du réacteur n°1 de Fessenheim et sans préjudice des conclusions des ECS, l’ASN a prescrit à EDF le renforcement du radier de Fessenheim, avant le 30 juin 2013 afin d’augmenter très fortement sa résistance au corium en cas d’accident grave. Le dossier a été remis par EDF le 9 décembre 2011 et sera examiné par l’ASN en 2012. »
    Le 30 juin 2013, c’est dans 9 mois. Les travaux sont déjà engagés ? Si non, ce n’est pas 2016 la fermeture du n°1, c’est 2013.

  2. Il est exact que l’avis d’autorisation de l’ASN permettant à Fessenheim de fonctionner 10 ans à partir de sa dernière visite décennale est assorti d’une exigence de renforcement de l’épaisseur du radier avant l’été 2013.

    Cette opération est en cours de préparation sur une maquette échelle 1 et va consister à augmenter d’environ 50 cm l’épaisseur du béton sacrificiel dans le puits de cuve à l’intérieur de l’enceinte et à ménager des ouïes afin que s’il y avait fusion de coeur, le corium puisse s’étaler sur une surface importante qui permettrait un refroidissement naturel efficace. Voir la PJ qui a été présentée à la Commission Locale d’Information sur ce point précis.

    J’ajoute également, en PJ, une étude que j’ai réalisée sur l’évolution physique libre d’un corium. Ses conclusions sont corroborées par le figeage du corium de Fukushima et surtout par les photos prises à Tchernobyl.

    Les travaux de Fessenheim seront entrepris dès le 1er semestre 2013 sitôt que l’ASN donnera son accord à la réalisation de l’opération. L’essai sur maquette échelle 1 permet non seulement à l’ASN de vérifier que l’opération est faisable et que les procédures de réalisation sont valides mais il permet aussi de minimiser le temps d’intervention. Ensuite l’opération sera conduite dans des délais relativement courts et compatibles avec les exigences.

    S’agissant des exigences complémentaires post Fukushima, l’ASN a demandé à Fessenheim une nouvelle source d’eau de refroidissement et un dispositif permettant de l’utiliser. Cette opération consiste en un forage et une installation d’ultime secours. Les travaux ne posent pas de problèmes et sont en cours.

  3. Dans le rapport, l’ASN considère qu’EDF devra renforcer avant le 30 juin 2013 le radier du bâtiment du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim afin « d’augmenter très fortement sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve ». Vous dites qu’il sera augmenté de 50 cm, c’est une plaisanterie ? Le radier actuel ayant une épaisseur de 1,50 m, ces travaux porteraient l’épaisseur à 2 m seulement.
    Pour comparaison, le radier de Fukushima a 8 mètres d’épaisseur et il semble que le corium l’ait traversé puisque Tepco a relevé en mars 2011 de forts taux d’iode 131 dans la nappe phréatique située 15 mètres sous la centrale. Autre indice de fuite du corium n°1 de Fukushima Daiichi, ce sont les dernières mesures de la radioactivité dans l’enceinte de confinement : seulement 9,8 Sv/h (contre 72,9 Sv/h pour le réacteur n°2).
    Or, à seulement quelques mètres sous la centrale de Fessenheim, se trouve la nappe phréatique d’Alsace qui s’étend sur 2800 km², ce qui en fait la plus grande réserve d’eau souterraine d’Europe. Et vous voulez mettre seulement 50 cm de béton supplémentaire pour protéger cette nappe ? Comment EDF pourra expliquer à l’ASN que 50 cm de béton pourront augmenter très fortement sa résistance au corium quand on suppose qu’à Fukushima 8 mètres n’ont pas suffit ?

    Dans votre message, vous parlez de PJ mais elles ne sont apparemment pas accessibles, pouvez-vous fournir des liens s’il vous plait ? Par ailleurs, vous prétendez que le corium de Fukushima est figé. Outre le fait qu’il y a 3 coriums à Fukushima, comment pouvez-vous l’affirmer alors que l’opérateur Tepco est incapable de dire où ils se situent ?

  4.  » le figeage du corium de Fukushima  » ????????? il y a trois coriums actif a Fukushima, et l’opérateur TEPCO ne semble pas vouloir communiquer sur le sujet ! soit certains sont très bien renseignés, soit ces mêmes personnes sont adepte de la désinformation qui caractérise généralement le « village nucléaire »…franchement, 50cm de béton, même armé, c’est pas ça qui ralentira un corium ! … alors , ou sont ils ces coriums ? bien sagement piégé dans le béton ? ou plus vraisemblablement hors des fondations , peut être même ont ils atteints la nappe phréatique depuis un bon moment déjà ?

    1. Bonjour Tof16.
      Comme vous le savez peut-être si vous gérez un blog, chaque responsable en est également le modérateur. C’est ainsi que l’éditeur de ce blog, WordPress en l’occurrence, m’a transmis votre commentaire du billet intitulé « Fessenheim: un arrêt injustifié », commentaire que vous avez posté le 21 octobre. Comme toujours, trois possibilités m’étaient offertes:
      – Approuver la publication du commentaire
      – Le déclarer indésirable
      – Le mettre directement à la corbeille
      Sans hésiter, j’ai immédiatement choisi de publier votre commentaire. Pourquoi ? Et bien entre autres parce qu’une question de dates m’intriguait. Pourquoi aviez-vous choisi, le 21 octobre, de commenter un billet posté le 12 octobre, alors que le 17 octobre le même blog affichait un nouveau post uniquement dédié à répondre en les bousculant aux objections que vous avez formulées le 21 ? C’est étrange, non ? Car les blogs sont ainsi faits que par construction lorsqu’on les ouvre, on tombe obligatoirement sur le dernier billet posté.
      Et il faut remonter en arrière pour afficher un post antérieur et insérer à ce sujet un commentaire. Qu’en pensez-vous ? Pourquoi n’auriez-vous pas lu d’abord le plus récent billet ? Vous y auriez appris ce qu’est réellement un corium, et comment, condamné qu’il est à suivre les lois de la physique, il est voué à se refroidir d’autant plus vite qu’il peut occuper plus de surface. Vous auriez pu en voir la preuve sur des photos traitant du cas de Tchernobyl. Même dans les pires conditions (celles dans lesquelles aucune source de refroidissement externe n’a pu être apportée), on y constate que les lois de la physique régissant les transferts thermiques font que le corium finit toujours par revenir à l’état solide. Et que par conséquent, le syndrome chinois rendu populaire par un film du siècle dernier dans lequel brillait Jane Fonda, demeure pour toujours une fiction spectaculaire mais sans réalité.A Fukushima, le corium n’a percé ni l’enceinte métallique, ni bien entendu le radier qui se trouve au dessous.Pour en comprendre les raisons, relisez notre article du 17 octobre.

  5. Il n’y pas de village nucléaire. En revanche, le village anti nucléaire ne manque pas d’habitants.
    Je regrette de confirmer que les trois coriums de Fukushima qui correspondent aux Réacteuers 1, 2 et 3 sont effectivement figés dans le béton sacrificiel. En qu’ils sont maintenus à moins de 100 °C par un débit de refroidissement de l’ordre du litre par seconde.
    Cette situation correspond très exactement à ce que l’on peut comprendre quand on étudie l’évolution physique libre d’un corium dont les photos de Tchernobyl administrent la preuve.
    Je pense que Monsieur Fetet devrait aller se documenter sur le site de l’IRSN et sur le Blog de Sylvestre Huet de Libéraion. C’est le seul journaliste scientifique digne de ce nom dans le domaine nucléaire.
    Ils disent exactement la même chose que moi sous une forme différente.
    Sur internet les photos du corium figé de Tchernobyl sont issues de l’essai Vulcano fait par le CEA.

  6. @M. Jean Fluchère
    « Je regrette de confirmer que les trois coriums de Fukushima qui correspondent aux Réacteuers 1, 2 et 3 sont effectivement figés dans le béton sacrificiel. »
    M. Fluchère, vous ne devriez pas regretter cette information, car si elle s’avère exacte, c’est une excellente nouvelle ! Toutefois, permettez-moi de vous demander la source de votre information, car sauf erreur de ma part, ni l’IRSN, ni Sylvestre Huet, toujours très prudents, n’ont jamais écrit cela. A ma connaissance, seule une personne a déjà affirmé la solidification des coriums, c’est M. Bertrand Barré le 12 septembre 2011 sur France Inter. Mais, comme vous, il n’a pas indiqué la source de ses informations.
    Les seules sources officielles actuelles pour Fukushima, ce sont les conférences de presse de Tepco et le site de Tepco. Effectivement, Tepco n’a jamais dit autre chose que ce que vous dites. Le problème, c’est qu’il est avéré que Tepco a la fâcheuse habitude de cacher la vérité ; l’exemple le plus fameux est l’annonce des melt-throughs deux mois après l’accident. Vous pourriez avec cet exemple comprendre pourquoi il n’y a plus grand monde pour faire confiance en cette entreprise. 19 mois après l’accident, elle n’a toujours pas fourni d’image permettant de prouver la situation des coriums en fond de cuve de confinement ou dans le béton sacrificiel.
    A propos du nouvel article de ce blog « Devrait-on arrêter Fessenheim ? » qui répond à certaines des questions posées dans ce fil de commentaire, j’y ai posté un commentaire spécifique.

  7. @ Monsieur Fetet.
    Sur le corium de Fukushima voir page 39 du rapport de l’IRSN. Fukushima 1 an après. Disponible sur le site IRSN et sur Internet.

    http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/surete/Documents/IRSN_Rapport_Fukushima-1-an-apres_032012.pdf

    Le rôle du béton sacrificiel est bien d’arriver à figer le corium grâce à son étalement qui donne une plus grande surface d’échange.

    Les photos de Tchernobyl le prouve même s’il s’agissait d’un réacteur RBMK.

    La puissance résiduelle d’un réacteur n’a rien à voir avec l’enrichissement du combustible. Elle résulte de l’accumulation des produits de fission et de leurs désintégrations.

    Elle est uniquement fonction de la puissance thermique du réacteur avant l’arrêt et représente 7 % de cette puissance thermique et décroit rapidement à 1 %.

    Il se peut effectivement que celle de Tchernobyl ait été plus faible compte tenu à la fois des conditions de départ et de l’émission d’une partie des produits de fission après les 2 explosion et le feu du graphite. Mais on peut se servir de l’évolution du corium de Tchernobyl, non pour modéliser l’évolution, mais pour confirmer l’analyse physique d’un corium en évolution libre. En effet, le corium a retenu les éléments les plus lourds et notamment les actinides mineurs émetteurs alpha donc dégageant le plus d’énergie. De plus le sable déversé sur le feu de graphite n’a pas servi à grand-chose sauf à exposer le pilote de l’hélicoptère à des doses d’irradiation massive mais il a surtout empêche le refroidissement du corium par exposition à l’air.

    A Fukushima, les coriums auraient fini par se figer dans le béton sacrificiel même sans le petit refroidissement mis en place. En effet la puissance de chauffe dans le grand volume de magma n’aurait plus pu atteindre les 1 000 °C nécessaires pour faire fondre le béton.

    S’agissant du stockage de l’eau dans le bas de la salle des machines, ce sont les employés de TEPCO qui ont utilisé cet immense volume de stockage afin de faire un stockage temporaire et éviter les écoulements importants vers l’océan.

    Enfin, je rappelle qu’en face Fukushima, nous avons l’océan pacifique et de forts courants. Ce n’est pas le lac Léman! Les dilutions sont très fortes réduisant les risques de dépassement des normes pour la vie marine. Normes qui, elles-même, sont déjà très conservatives.

    S’agissant des images du corium de Fukushima, il faudrait descendre une caméra spéciale peu sensible aux rayonnements pour avoir des images; Les employés de TEPCO ont essayé sur le réacteur 1. Les images n’étaient pas de qualité suffisante pour être exploitées. Mais ce qui empêche le renouvellement de cette opération est qu’elle ne présente qu’un intérêt secondaire et que les employés ne doivent pas recevoir de doses pour des travaux inutiles.

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