Selon le dernier rapport de l’UNSCEAR (avril 2014), on devrait être rassuré quant à l’impact de l’après-Fukushima sur la santé des populations


En avril 2012, un an après la catastrophe du tsunami et de son impact sur la centrale nucléaire de Fukushima, je m’étais risqué à poster sur ce blog un billet intitulé « Fukushima: L’océan pacifique se rachète ». Voici ce que j’y écrivais :

Souvenons-nous. Le 11 mars 2011, il y a un peu plus d’un an donc, un tsunami destructeur venait parachever par une vague gigantesque les ravages provoqués par un séisme majeur. Et l’océan Pacifique, bassin générateur de cette furie destructrice, se voyait en retour frappé par la plus grande pollution de produits radioactifs jamais survenue.

Et bien, une bonne nouvelle nous parvient enfin. Les mesures de radioactivité faites en juin 2011, c’est-à-dire trois mois après que la source de pollution ait commencé à débiter, par le navire océanographique américain Kaimikai-o-Kanaloa, montrent que les courants marins particulièrement puissants dans cette partie de l’océan ont réussi à diluer les polluants dans l’immensité marine de manière telle que les concentrations en radionucléides sont redescendues au dessous des valeurs considérées comme dangereuses pour l’homme et les animaux marins. Et bien entendu, ce processus de dispersion ne peut que continuer à améliorer la situation, car les concentrations observées sont encore deux ou trois fois supérieures dans tout l’océan pacifique à celles observées avant la catastrophe.

(La source de cette information est un article paru dans la page ‘Sciences’ du journal Le Figaro du 3 avril 2012)

Il y a quelques jours, le 12 mars 2015,  WordPress l’éditeur de ce blog, m’a transmis un commentaire concernant le billet ci-dessus. Trois années après l’insertion du billet ! Voici ce commentaire :

Quatre ans après la catastrophe de Fukushima, peut-on être encore aussi optimiste que tu l’étais dans ton post du 4 avril 2012 ? Pas si j’en crois l’article publié dans Le Monde du 10 mars 2015 où l’on peut lire par exemple que : « Dans un rayon de 20 km autour de la centrale, on trouve des « points chauds » où la radioactivité des sédiments marins atteint 5 000 becquerels par kilo (Bq/kg). Et des niveaux de contamination très supérieurs à la limite tolérée, qui est de 100 Bq/kg, sont encore observés chez certains poissons, notamment parmi les espèces vivant au fond de l’océan (poissons plats, congres, grondins, raies…).
En août 2014, sur vingt échantillons de poissons prélevés par Tepco dans le port de Fukushima, dix présentaient des concentrations en césium dépassant les normes, l’un d’eux atteignant 32 500 Bq/kg. Ce qui explique que la pêche demeure interdite dans la préfecture japonaise.  »

Voici le lien vers l’article entier :   source

Et bien, ma réponse est que oui, on a le droit d’être encore aussi optimiste qu’en 2012. Cette assurance, ce n’est pas une attitude dogmatique, affichée quoi qu’il arrive. Elle est fondée sur des affirmations sérieuses, publiées par des scientifiques responsables, dans le dernier rapport de l’UNSCEAR, daté d’avril 2014 :

Le rapport de l'UNSCEAR
Le rapport de l’UNSCEAR

Les informations que je vais donner maintenant au sujet de ce rapport, de ses auteurs, et de son contenu, sont reprises de l’excellent site de Jean-Marc Jancovici, un expert reconnu des questions d’énergie et de changement climatique, professeur à l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris.

Voici un lien vers ce site :  J-M Jancovici .

Ce qui suit maintenant est repris du commentaire du rapport UNSCEAR dont le titre complet est le suivant : « Levels and effects of radiation exposure due to the nuclear accident after the 2011 great east-Japan earthquake anr tsunami « .

L’UNSCEAR  (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) est une agence des Nations Unies, « filiale » du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (et qui travaille en lien étroit avec l’Organisation Mondiale de la Santé, autre agence onusienne) qui a pour mandat d’évaluer l’impact des rayonnement ionisants (« la radioactivité ») sur l’environnement et la santé. Cette agence a été fondée en 1955 (le GIEC a été créé en 1988).

Son statut (une agence onusienne, placée sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement), son mandat (proposer une synthèse de la littérature scientifique du domaine concerné) et sa manière d’y parvenir (confier la rédaction des rapports à des chercheurs compétents, avec un processus de relectures successives très fouillé) sont exactement identiques à ce qui se passe pour le GIEC en matière de climat.

De ce fait, toute personne qui considère que les rapports du GIEC font foi en matière de climat doit considérer, parce que le statut, le mandat et les processus en place sont les mêmes, que l’UNSCEAR fait foi en matière de radioactivité. Comme pour le GIEC, chaque mot compte dans les rapports – volumineux – fournis ; comme pour le GIEC « il n’est pas possible de discerner » ne signifie pas « il n’y a rien » mais pas plus « il y a quelque chose », et comme pour le GIEC les militants en tiennent compte ou pas en fonction de leurs croyances préétablies bien plus qu’en fonction de leur amour pour la science !

Je vous propose deux phrases clé issues du dernier rapport (avril 2014) qui parle donc de Fukushima :

The doses to the general public, both those incurred during the first year and estimated for their lifetimes, are generally low or very low. No discernible increased incidence of radiation-related health effects are expected among exposed members of the public or their descendants.

Traduction simple en français : le surplus de radiations relâché dans l’environnement après l’accident de Fukushima n’aura pas de conséquence sanitaire discernable sur la population.

En ce qui concerne l’environnement, voici deux conclusions :

Exposures of both marine and terrestrial non-human biota following the accident were, in general, too low for acute effects to be observed.

Any radiation effects would be restricted to a limited area where the deposition of radioactive material was greatest; beyond that area, the potential for effects on biota is insignificant.

Traduction de la première phrase : aucun effet immédiat n’a été observé à cause du surplus de radioactivité, tout simplement parce que cette dernière n’est pas montée à des niveaux très élevés.

Traduction de la deuxième : s’il y a eu quoi que ce soit comme impact (sous entendu de long terme) sur l’environnement à cause de la radioactivité, ce sera en tout état de cause limité à une petite zone.

Bref, inutile de penser que Fukushima aura des conséquences sanitaires ou environnementales discernables à cause de la radioactivité. Le bilan est avant tout celui du tsunami, pas avant tout celui de la centrale nucléaire. Le fait que l’essentiel des media français ait laissé croire l’inverse tient au fonctionnement des media, non à la réalité des faits.

(Fin de la citation de Jean-Marc Jancovici)

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3 Comments

  1. Ou plus simplement on peut souligner que 100 Bq/kg, c’est le niveau de radioactivité d’une banane, la norme en Europe est actuellement fixée à 600 Bq/kg, donc que l’exigence pour ces poissons est fixée à un seuil exagérément bas.

    Dans le cas des normes de l’OMS, le calcul pour fixer la limite est normalement la quantité de Becqurel qui conduirait à être exposé à 1 mSv au bout d’un an, en consommant exclusivement ce type de produit. Quand on va chercher directement les relevés fait par Tepco, cf http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/smp/2015/images/fish01_150818-e.pdf tout d’abord les résultats ne correspondent pas précisément à ce qui est indiqué dans l’article, un max à 23 900 Bq et non 32 000, pourtant Tepco n’a pas fait des dizaines de mesure en août 2014.
    Surtout il n’y a que 2 relevé supérieur à la norme européenne, plusieurs autres sont même inférieurs à celle japonaise.

    Donc conclusion si je mangeais exclusivement des poissons provenant de l’intérieur du port, je n’atteindrais probablement même pas au bout d’un an une exposition d’1 mSv, sachant qu’en temps que français, mon exposition moyenne annuelle toute source confondes est plutôt du coté de 3,7 mSv.

    Quand aux hotspot à 5 000 Bq, pas besoin de me déplacer jusque là-bas et d’acheter un équipement de plongé pour racler le sol, je trouverais surement facilement en France quelques endroits où le sol granitique atteint ce type de valeur.

  2. Oups, erreur le document que j’ai cité est celui publié en août 2015. A force de fouiller j’ai retouver celui d’août 2014, les valeurs sont plus significatives http://www.tepco.co.jp/en/nu/fukushima-np/f1/smp/2014/images/fish01_140815-e.pdf et en fait supérieures à celles indiquées dans l’article du monde.
    La comparaison des deux semble indiquer que la contamination continue de baisser, et que s’il y a un an il était peut-être justifié d’être prudent vis-à-vis des poissons péchés à l’intérieure du port, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.
    Les poissons péchés dans la zone de 20 km eux ne posent aucune problème.

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