Que nous arrive-t-il aujourd’hui en Occident ?


J’ai créé ce blog « Partager pour comprendre » au soir du terrible tsunami qui avait frappé le littoral japonais, et entraîné par effet domino une crise majeure de toute l’industrie nucléaire. Les esprits en Occident — loin, très loin de ces événements donc — avaient alors été tourneboulés, et à la compassion bienvenue pour les quelques vingt mille victimes directes du tsunami, s’était superposée une peur primale, insensible à l’analyse raisonnée, causée par la quasi destruction de la centrale nucléaire de Fukushima.

Je voulais alors, en partageant ce que je pouvais parvenir à en savoir, tenter de comprendre et faire comprendre les faits, leurs causes, leurs impacts, et les solutions qui pourraient être imaginées et mises en oeuvre. Et des solutions furent imaginées, puis mises en oeuvre, avec des résultats concrets, mais que l’on peut encore aujourd’hui estimer insuffisants.

Mais aujourd’hui, c’est un tout autre tsunami qui est en passe de nous assaillir. Seules les premières gouttes annonciatrices nous en ont encore frappés. Mais la menace n’est plus seulement de l’ordre des phénomènes naturels et de leur paroxysme, qu’il s’agisse des convulsions des fonds marins, de la fureur de l’océan, ou de la puissance contenue dans la matière et soudain indomptée. Non, aujourd’hui la menace se forme et s’enfle dans l’esprit même de certains humains qui en sont venus à croire que, du fait du rapport qu’ils pensent avoir avec une transcendance qu’ils nomment Allah, ou encore Dieu, ils n’ont pas de mission plus sainte et plus urgente que d’éradiquer en Occident tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Leur certitude étant confortée par cette autre certitude qu’une grande majorité des occidentaux ne croient tout simplement plus que Dieu existe.

J’éprouve donc de nouveau le même besoin de partager mes interrogations, afin de tenter de mieux comprendre la situation, et si possible réfléchir en commun à des solutions pour que nos enfants et petits-enfants puissent ne pas vivre le cauchemar qui nous menace.

Un premier élément de réflexion m’a été apporté par le journal Le Figaro, dans son édition d’hier mardi 14 juin 2016, sous la forme d’une libre opinion du chroniqueur Renaud Girard, dans la rubrique ‘Champs libres’, et intitulée  » L’Occident au défi de la guerre asymétrique« . Je vous soumets l’intégralité de ce texte, dont en guise d’introduction, je vous cite seulement la dernière phrase :

Avons-nous, en Occident, une réponse politique, morale, spirituelle, tactique et stratégique face à ce nouveau défi de la guerre asymétrique islamiste ? Non. Il faut que nous en trouvions une rapidement. Car le risque est que nous devenions à notre tour des barbares.

 L’Occident au défi de la guerre asymétrique

par Renaud Girard

Dans les plaines rocailleuses de Syrie, d’Irak et de Libye, l’État islamique ne cesse de perdre du terrain. Son fief syrien de Raqqa (nord-est du pays) subit deux attaques simultanées ; l’une, dirigée par les Kurdes laïcs du PYD, vient par le nord ; l’autre, menée par l’armée syrienne avec le soutien de son allié russe, arrive par le sud-ouest. Aidés par les forces spéciales américaines, ces mêmes pechmergas kurdes sont en train de prendre Manbij (100 000 habitants), un verrou important situé sur la rive droite de l’Euphrate, afin de couper les routes de ravitaillement de Daech en provenance de la Turquie. En Irak, l’armée, épaulée par les milices chiites et par l’aviation américaine, s’apprête à reprendre Falloudja. En Libye, les forces loyales au gouvernement Sarraj soutenu par l’ONU sont en train de réduire les derniers bastions de Daech dans la ville de Syrte. Ce n’est pas la déroute, car on ne voit pas quelle force se risquerait aujourd’hui à investir Mossoul, la capitale autoproclamée du calife Ibrahim. Mais c’est un indiscutable recul territorial. En revanche, sur le terrain médiatique, qui est stratégiquement au moins aussi important, l’État islamique vient à nouveau de progresser. Optiquement, il peut prétendre qu’il a réussi à porter sa guerre sainte au cœur de l’ennemi. « Dieu a permis au frère Omar Mateen, un des soldats du califat en Amérique, de mener une ghazwa, où il est parvenu à entrer dans une boîte de nuit des sodomites dans la ville d’Orlando et à tuer et blesser plus de cent d’entre eux », a revendiqué un porte-parole de l’État islamique, sur la radio al-Bayan, le lundi 13 juin 2016, le lendemain du massacre de masse le plus sanglant aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001. Le recours au mot arabe « ghazwa » est lourd de sens. Dans la tradition islamique, cela désigne une attaque à laquelle le prophète Mahomet a participé personnellement. Après le VIIe siècle, une ghazwa a désigné, plus largement, toute attaque aboutissant à une extension du domaine de l’islam.
Dans le village global, télévisé ou numérisé, ce message d’une violence inouïe a été porté vers des milliards d’hommes et de femmes. Là est le succès de Daech.
De Madrid à Londres, de Paris à Bruxelles, de San Bernardino à Orlando, ces combattants islamistes, qui n’ont pas peur de la mort, semblent sans relâche nous jeter à la figure la même interjection : « Mais qui êtes-vous, par rapport à nous, minables infidèles ? À quoi croyez-vous ? Comment vous défendez-vous ? »
C’est vrai que face à cette litanie d’attentats commis au nom d’Allah, les Occidentaux sont désemparés. Pour eux, la religion est du domaine de la sphère privée. Alors, ils répondent aux massacres comme ils peuvent, avec des bougies, avec des drapeaux, avec des manifestations silencieuses, avec des discours, avec des talk-shows. Souvent, ils donnent l’impression d’être surpris que cela ne marche pas. Ces Occidentaux, élevés dans le cocon tiède des démocraties d’opinion, semblent, à chaque nouveau massacre islamiste, tout étonnés que leur indignation, pourtant très largement manifestée, n’ait pas été plus dissuasive.
Le militantisme islamiste sunnite impose à l’Occident une guerre asymétrique, que ce dernier ne sait pas mener. Ces nouveaux combattants d’Allah sont d’excellents judokas. Ils sont passés maîtres dans l’art de retourner contre lui les lignes de force de l’Occident. Les Occidentaux ont inventé, successivement, l’habeas corpus, la liberté d’expression, le droit d’asile, l’immigration généreuse, Internet. Les djihadistes internationalistes sont devenus experts à utiliser ces créations occidentales dans leur lutte à mort contre l’Occident.
Certes l’Occident en a vu d’autres. Au XXe siècle, il a successivement vaincu les totalitarismes fasciste, nazi et communiste. Le problème que nous avons, au XXIe siècle, avec le totalitarisme islamique, est qu’il n’est pas sensible au langage rationnel de la dissuasion. Il obéit à Dieu, pas à la raison.
Nous avons sorti contre lui nos armes les plus terribles, nos chars de combat, nos missiles de croisière, nos porte-avions nucléaires. Il nous répond, avec un grand bras d’honneur : « Même pas peur ! »
Ne nous faisons aucune illusion. Plus l’État islamique perdra de terrain physique en Mésopotamie et au Levant, plus il multipliera les attentats en Occident. Il recrutera dans le vivier des salafistes résidant en Europe et en Amérique. Mettre des chasseurs alpins dans les gares ne servira à rien. Tout le monde les voit, sans qu’ils ne voient rien. Pour prévenir le terrorisme, il faut voir sans être vu.
Avons-nous, en Occident, une réponse politique, morale, spirituelle, tactique et stratégique face à ce nouveau défi de la guerre asymétrique islamiste ? Non. Il faut que nous en trouvions une rapidement. Car le risque est que nous devenions à notre tour des barbares.

— Fin de la citation de la libre opinion de Renaud Girard —

Voilà. C’est une opinion. Son contenu est une description de l’état des lieux, et un essai d’élucider les prémisses qui ont conduit là. Je dois vous dire que je partage très largement l’analyse de Girard. Et vous ? Un blog est fait pour s’exprimer. Osez-le ! un simple clic sur la zone ad-hoc de votre écran de PC, à la fin de cette lecture, vous ouvre un espace. Dites-ce que vous en pensez. Si vous demeurez honnête avec vous même, c’est mieux que de se taire. On gagne toujours à partager craintes et espoirs. Dans le brouillard opaque, c’est mieux que de bouger seul à l’aveuglette. Bon courage !

 Pierre Cormault

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Un commentaire

  1. il y a bien choc de civilisations maintenant que le jardin est mondial. Toute la violence, la loi du plus fort, la vengeance, la dissimulation, tout est écrit dans le Coran et dans la vie de Mahomet. La seule façon de s’en sortir, c’est que l’Islam mondial fasse sa réforme face au monde, renonce à beaucoup de choses. Le malheur, c’est que le Coran est 1) par définition irréformable puisqu’il vient d’Allah lui-même 2) il n’existe seulement pas d’autorité qui pourrait s’en occuper. Il y a des gens qui tentent de donner une bonne image de l’Islam. Mais même s’ils sont de bonne volonté, comment les croire puisque la dissimulation fait partie de leur doctrine? Je suis plutôt pessimiste sur une amélioration de la situation.

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