Ecce Homo


Jeudi 1er décembre 2016 ! Nous voici engagés dans la première des cinq dernières semaines de cette année 2016. Et — est-ce un signe ? — cette semaine a débuté pour moi par l’édition sur ce blog d’un commentaire à propos d’un article déjà ancien, car vieux de trois ans. Voici la reproduction originale de ce commentaire, reçu lundi 28 novembre 2016 :

commentaire-3-ans-apres

Revenir ainsi sur un article paru en 2013 pour le reconnaître à la fois éducatif et engagé, cela m’a fait très plaisir, car j’y vois un très fort encouragement à poursuivre, et pourquoi pas intensifier, ma tentative de partager pour comprendre le meilleur de mes lectures et de mes propres efforts de compréhension.

Fort de cet encouragement, j’ai alors découvert un lien sans doute peu apparent mais qui m’a fasciné, entre deux événements survenus ce dernier dimanche 27 novembre 2016. Il y avait simultanéité entre un fait majeur de la vie politique française, qui a mobilisé ce dimanche plus de quatre millions de nos concitoyens, et qui mobilise encore et pour sans doute longtemps la totalité des media nationaux, et un autre fait considérablement plus confidentiel, qui était ce dimanche là l’entrée en Avent.

L’Avent, comme l’a écrit le Père Patrice Marivin, curé de la Cathédrale de Vannes, dans son édito du dimanche 27 novembre, c’est l’avant Noël. Il désigne la venue, l’avénement de Celui annoncé depuis le commencement de la Bible. Jésus.

Et à l’instar de mon commentateur qui n’avait pas hésité à exprimer son avis sur un petit texte de 2013 (le mien), je n’hésite pas à vous faire partager deux extraits (en fait, le début et la fin) d’un grand texte cette fois, celui que l’on doit à l’historien français Jean-Christian Petitfils. Ces deux citations sont extraites du livre considérable (668 pages dont plus de 150 pages de notes, annexes et références) paru en 2012 aux éditions Fayard :

couverture

Le premier des deux extraits que je désire partager avec vous est en fait le début du prologue par lequel commence le livre :


« Jésus est le personnage le plus connu de l’Histoire universelle. Près d’un tiers de l’humanité, à des degrés divers, se réclame de lui, de sa personne, de son enseignement spirituel ou de son message éthique. Il est à l’origine de la religion la plus répandue sur la planète, le christianisme, tronc commun auquel se rattachent catholiques, orthodoxes, luthériens, calvinistes ou anglicans. Les évangiles, où sont consignés sa vie et son enseignement, ont façonné de nombreuses cultures, principalement la civilisation occidentale. Outre leur valeur morale, ils ont très largement inspiré dans le passé son architecture, sa sculpture, sa peinture, sa musique et, de façon plus générale, son mode de vie, même si, bien entendu, la foi est devenue aujourd’hui un choix personnel. Le Coran lui-même, dont la rédaction remonte au VIIe siècle de notre ère, voit en Jésus l’un des grands prophètes qui ont précédé Mahomet » .

Le second extrait est lui l’ultime paragraphe achevant le livre (avant notes, annexes et bibliographie) :


« Un fait demeure, inexplicable rationnellement, outrepassant les frontières de l’improbable. Tout aurait dû s’arrêter à la pierre rou­lée au tombeau de Joseph d’Arimathie, creusé près d’un jardin, aux portes de Jérusalem. Abattus après l’arrestation de leur maître et la tragédie du Golgotha, les disciples étaient anéantis par sa mort ignominieuse sur une poutre. Or, étrangement, tout a com­mencé là. Ce troupeau de fuyards apeurés s’est métamorphosé soudainement en un groupe non de fanatiques hypnotisés, mais d’hommes libres, brûlants de conviction, prêts à donner leur vie pour annoncer partout la Bonne Nouvelle. Saisis par un événe­ment inouï – l’éblouissement pascal -, fous de joie et d’émer­veillement, emplis d’une certitude absolue, celle d’avoir retrouvé leur maître vivant, de l’avoir vu après sa mort, de l’avoir touché, d’avoir mangé en sa compagnie, ils sont devenus les témoins rayonnants d’une vérité libératrice, persuadés que la croix n’était pas la fin, mais, au contraire, le commencement de l ‘Espérance. Grâce à eux, le mouvement missionnaire prendra une ampleur planétaire. Comment croire qu’ils aient été de banals affabula­teurs, des mythomanes, victimes d’hallucinations ? Il y a là un phénomène unique, que l’historien armé de sa seule science ne peut pénétrer. De ce point de vue, le Jésus de I’Histoire, auquel les disciples renvoient, reste une énigme, un mystère insondable.
« Pour vous, qui suis-je ? » leur avait-il demandé.
Près de deux mille ans plus tard, la question se pose encore.
À chacun, en conscience, d’y répondre ».

"Ecce Homo", oeuvre de Philippe de Champeigne
« Ecce Homo », oeuvre de Philippe de Champeigne (17e s.),           Musée National de Port-Royal des Champs


( Ecce homo est une expression latine signifiant « voici l’homme ». C’est l’expression utilisée par Ponce Pilate lorsqu’il présente Jésus à la foule, battu et couronné d’épines).

 

 

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