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25 Comments

  1. On ne peut rester indifférent devant des évènements, dont l’impact n’a pas fini de se faire sentir sur des choix à venir dans nos sociétés technologiquement en pointe. Une information claire et accessible est indispensable.

    Merci à vous d’y contribuer.

  2. je suis sidéré par la manque de commentaires présents sur le site. Les premiers interlocuteurs potentiels touchés (Une centaine ?) sont tous probablement assez compétents sinon pour un avis, au moins pour une question pertinente.
    Dès lors pourquoi cette désinformaton médiatique alors que les sachant s’en foutent et que le grand public panique ?
    Il est probable que les gens sur place font tout pour limiter les dégâts, comme ils le peuvent, et c’est à leur honneur.
    Je suis beaucoup plus inquiet, dans ces conditions, des audits sur les sites français, annoncés avec fracas.
    Il me semble qu’ils seront soit occultés soit non crédibles, faute de contradicteurs compétents : c’est grave mais ne passionne personne. Allons nous revenir aux chandelles ?

    1. Je partage le même étonnement à propos de la quasi absence de participation à ce blog. Ces nouveaux media sont pourtant largement populaires aujourd’hui ? Je ne sais pas trop comment interpréter le phénomène. Un point est certain: c’est très difficile en fait de faire démarrer un blog. Les moteurs d’indexation à l’oeuvre sont certainement configurés pour coller au plus près au goût du grand public. Et le grand public n’a pas l’air très motivé par la réflexion, la connaissance, et la science.
      Mais tant pis, je vais persévérer !
      Un rappel en passant: j’ai publié il y a 2 jours une page intitulée « L’atome », qui a l’air d’être demeurée complètement inaperçue. C’est un chapitre d’un cours que j’ai enseigné à l’UTA Vannes, à mi-distance entre l’histoire des sciences et la vulgarisation.
      Veillez le blog ! Je termine la mise au point d’un petit modèle explicatif qui se propose d’expliquer le lien entre les résultats des mesures de contamination en mer et les caractéristiques physiques de la source de contamination.
      A suivre ensuite, des explications sur les mécanismes de dispersion du contaminant dans la mer.

  3. Il me semble que la quasi absence de participation à ce blog dont vous parlez n’a rien à voir avec le contenu ou la qualité de ce blog, ni même avec le goût du grand public. Elle est simplement due au fait que ce blog est pour le moment pratiquement invisible, car perdu parmi les millions d’autres pages du web. Il est encore trop jeune pour être bien référencé auprès des moteurs de recherche.
    Pour qu’un internaute ait une chance de lire la page de ce blog intitulée « l’atome », il faut actuellement qu’il connaisse déjà le nom de l’auteur du blog, ou le titre du blog lui-même.
    ex: en tapant « atome » dans Google, l’article de ce blog n’arrive pas dans les 10 premières pages (je n’ai pas été plus loin, et l’internaute moyen non plus).
    Par contre, en tapant « atome + cormault », l’article de ce blog arrive en première page et en 7 ème position.

    Le référencement naturel est un travail sur plusieurs mois.

    Quoi qu’il en soit, félicitations pour ce blog très pointu !

  4. GRAND-PERE !!!!

    Hum, je veux dire bonjour. Je voudrais te remercier de la création de ce blog – en tant que fanatique du Japon sous toutes ses formes et en tant que jeune bien mal informée -, qui nous tient, pauvres païens, au courant (OBJECTIVEMENT et SIMPLEMENT, grande première) de ce qui se passe à Fukushima Daishii. La fluidité de ton écriture permet au premier plouc de base de comprendre des choses à priori trop compliquées pour les modestes cerveaux ! Même moi, l’éternel boulet scientifique, la honte mathématique, j’y ai vu un peu plus clair dans ce qui n’était qu’une bouillie médiatique poussant à la paranoïa générale, alors que pour la plupart nous ne sommes même pas au courant d’un dixième de ce qui se passe vraiment. Ton travail d’informations mérite d’être connu du plus grand nombre, parce que de nos jours, des blogs vraiment utiles se font rares sur la toile ! Et en plus personne ne sait réellement ce qui se passe en ce moment je crois. Tu sais, au début je me disais, « La vache, ça va être aussi long et ennuyant qu’un rapport sur la physique cantique… » Bonne surprise en m’aperçevant que c’est au contraire ludique et enrichissant.

    En cours d’enseignement scientifique (oui, je suis en première littéraire, rigolez bien…), on a parlé durant une heure de la catastrophe nippone. J’ai été surprise d’apprendre – confirmation à ce que j’ai lu ici – que les médias sont assez loins de la vérité. Il me semble qu’on tait un certain nombre de choses. J’ai donc de petites question (peut-être que tu y as déjà répondu ? Désolée dans ce cas, j’ai du être moins attentive. Comment ça comme d’habitude ???!!) Ma prof m’en a donc fait part en cours : Apparemment, on devrait balancer un sarcophage de béton dans la mer pour… mince, j’ai oublié pourquoi précisément. Mais ce serait pour mettre fin à la radioactivité, ou je ne sais plus quoi exactement. Est-ce que c’est vrai ? Et pourquoi ça ? Une autre question : On m’a dit qu’on devrait envoyer des dirigeables chargés de je-ne-sais-plus-quoi au dessus des centrales à problèmes, et ainsi de stopper son activité au lieu d’y envoyer quelqu’un – et par la même de le condamner à mort -. Est-ce que c’est vrai ou non ? Autre chose : j’ai également entendu dire qu’en plus du tsunami, du séisme et de la radioactivité, il y aurait un volcan actif passable d’exploser au Japon – c’est plutôt vieux apparemment, mais c’est un risque quand même il paraîtrait -. Là encore, sont-ce des bêtises ?

    Désolée si je suis un peu intrusive, naïve, stupide ou même hors-sujet ! Mes questions ne sont mêmes pas formulées correctementsiça se trouve. Mais bon, c’est pas grave, si tu veux quelques précisions, tu me les demanderas à table ce midi, hahahaha…

    Signé : Anonyme. (Ah non, mince, j’ai déjà mis mon prénom…)

    1. Voilà un commentaire tout-à-fait inattendu, et qui me fait chaud au coeur, celui d’une de mes petite-filles, qui a consacré le temps qu’il fallait pour prendre connaissance de ce blog, et surtout réagir d’une manière intelligente. Merci, Pauline !
      Ton témoignage devrait apporter du baume au coeur de beaucoup de ceux qui, comme moi, ont une certaine tendance à désespérer de la jeunesse actuelle, qui serait mauvaise à l’école, insouciante des grands problèmes de la nation, et uniquement fascinée par le facile, le festif, le mercantile. Tout cela étant bien sûr faux, et constituant un jugement somme tout misérable.
      Reste tout de même le divorce entre les tenants d’une culture scientifique et ceux qui s’en excluent. Et cela dans un monde plus que jamais difficile à comprendre, à maîtriser tant bien que mal, et à habiter durablement.
      Et ce que tu démontres là, Pauline, c’est que la pure littéraire comme toi (capable d’une prouesse rare dans nos temps modernes, celle d’écrire une quarantaine de ligne sans la moindre faute d’orthographe ni de français — je te pardonne bien volontiers le charmant ‘cantique’ pour ‘quantique’–) est capable de s’intéresser au monde de la science et de la technologie, pour peu qu’on fasse l’effort d’être suffisamment explicite et compréhensible.

      Je vais maintenant répondre aux questions que tu te poses, que tu me poses (et saches qu’il n’y a pas de sottes questions si on les pose honnêtement. Il y a au contraire la sottise de les garder pour soi).

      1) L’éventualité d’un sarcophage en béton (pour enfermer le danger incontrôlable représenté par ces instalations ?):
      C’est une spéculation extravagante, émanant de tous les fantasmes suscités par le précédent horrible de Tchernobyl.
      Les deux accidents n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre. Les ordres de grandeur de la menace sont radicalement différents. Fukushima reste globalement sous contrôle (voir l’ensemble des post de ce blog), et en admettant qu’on ait pu un instant envisager cette solution extrême au pire de la crise, cela n’a plus maintenant aucun sens.
      2) Une certaine version des dirigeables de secours a été effectivement appliquée. C’était la noria d’hélicoptères déversant leurs poches d’eau sur les piscines de stockage de combustible usé, dans l’espoir qu’il tombe un peu de cette eau dedans. Rendement vraiment incertain pour beaucoup de risques pris. Mais sans doute fallait-il montrer que tout ce qui était tentable au plus fort de la crise avait été effectivement tenté ?
      3) Dernier point: la menace d’une éruption volcanique ? En plus ? mais pourquoi dans ce cas a t’on oublé Godzilla ?

  5. bonjour,
    Moi, je pense que tout ceci est tres grave et ne doit pas etre banalisé.
    Comme je l avais déja évoqué sur votre blog qui a le merite d expliquer scientifiquement l atome et l accident, j aurais aimé qu un statisticien nous explique, etant donné ce que la terre a déja accumulé comme pollution radioactive depuis le debut des essais nucleaires, etant donné la multiplication des centrales dans le monde leur vieillissement, etant donné les probabilités mathematiques d accidents et de catastrophes exterieures pouvant provoquer des accidents nucleaire (y compris la guerre et le terrorisme: aucun etat de ce monde n y est a l abris!), etant donné la possibilité de negligences humaines ou du manque de vision du viellissement des centrales, etant donné des corruptions et soucis economiques d une humanité de plus en plus mercantile, etant donné que tout accident peut laisser des terres tres longtemps abimées et provoquer des disparitions d especes endemmiques, des mutations genetiques….etant donnés tous les facteurs que j oublie n etant pas suffisemment informé (ah j y pense il y a aussi la pollution des sites d extraction, au nigeria par exemple!!), donc j aurais envie que ce statisticien nous explique quelle est la probabilité reelle de n avoir que des accidents « mineurs » et sur quelle periode : je suis plutot dans la provocation, mais je pense vraiment que la terre ne nous appartiens pas pour polluer meme ci ce n est qu une fois que sur un rayon 1 km sans aucun dommage humain, et on en est loin!!!
    cela fait bien longtemps qu on devrait investir plus lourdement dans les nouvelles technologies au lieu de continuer a vouloir domestiquer un dragon! c est mon point de vue depuis longtemps…qui aurait cru dans les années 60 70 que l ex urss (qui etait allée la premiere dans l espace!) puisse avoir des ruines de centrales nucleaires actuellement et des centrales vetustes qui veulent continuer a tourner.
    projetons nous dans 70 ans, et projetons ces risques avec toutes les nouvelles centrales construites dans le monde et alors vieillissantes. La belle geographie de notre monde ne doit pas etre mise en danger par l homme, la nature seule en a le droit.
    alors, expliquer que c est moins grave qu il n y parait c est bien, mais j aurais voulu qu l on utilise la science pour demontrer que les conditions de laboratoire n existent pas et que prendre des risques de facon cumulés les multiplient, et peut nuire a la nature et l humanité.
    Il faut que la science prenne en compte differents facteurs…dans le temps et pour construire l avenir!
    Votre petite fille doit pouvoir devenir arriere grand mere ,°)
    mais peut etre n est il pas sage de lancer ce debat sur vote blog?
    (je ne cherche qu a partager mes doutes pour avoir des reponses pour comprendre pourquoi la science n a pas plus d autres routes tracées dans des sentiers prometteurs en matiere d energie…)
    bien cordialement, Bruno

    1. Mais si, Bruno, c’est très bien venu de lancer ce débat sur ce blog. Parce que dans vos lignes, je sens une sincérité profonde, et une vraie interrogation. Les questions que vous posez sont de vraies questions; et l’immense avantage de les poser est de provoquer la réflexion, le désir de mieux comprendre les enjeux, les erreurs, le possible, l’impossible.
      Tel était très exactement mon intention lorsque j’ai intitulé ce blog « Partager pour comprendre ».
      J’ai besoin de réfléchir davantage avant de vous répondre plus longuement, Bruno. Mais je veux vous remercier, Philippe qui a produit le commentaire qui précède celui-ci, sur les méfaits de l’automobile, et vous-même, pour la qualité de ces deux interventions, qui devraient, je l’espère, en susciter d’autres du même niveau.

  6. Merci de votre réponse et compréhension.
    J ai hâte de vous entendre à ce sujet.
    Mais une chose est sur, votre belle Bretagne et ma belle Corse (ne nous appartiennent pas mais) ne mériteraient pas de devenir des enfers pour des siècles pour les êtres vivants, non?
    A me relire, a part les fautes d orthographe (dont j ai plutôt honte) j ai relevé ceci pour détendre l atmosphère : « prendre des risques de facon cumulés les multiplient » : cela remet au moins en causes toutes les mathématiques modernes!!! Mais cela n est pas toujours faux, non plus….(1+1+1+1=1X4!)
    Ah oui, j ai une nouvelle question un peu différente a vous poser : pourquoi certaines armées utilisent elles des munitions contenant de l uranium appauvri, je ne comprend vraiment pas?
    c est du recyclage low-coast (pas de stockage!) $? ça durcit l alliage (et renforce l impact!)¤? ça tue plus d ennemis (a la longue…)!?
    merci pour votre blog, en tout cas.

    1. Je m’aperçois que j’avais omis de répondre à la question sur l’uranium appauvri. J’avoue tout de suite que je ne connais rien du tout à la question des armements (à l’exception des armements maritimes !). Eric Tabarly avait trouvé une utilisation de l’uranium appauvri pour disposer d’une quille plus lourde à volume et donc tirant d’eau égal, pour un de ses PenDuick, le III je crois. La masse volumique de l’uranium est en effet très performante pour cet usage: 19100 kg/m3 ! à comparer aux 11300 kg/m3 du plomb et aux 7800 kg/m3 de la fonte. Mais il fallait s’appeler Tabarly pour espérer disposer d’un tel matériau…

  7. pour lancer le debat d une autre façon…un autre avis d un membre de la communauté scientifique[APPEL] Fukushima : mais où sont les scientifiques ?Harry Bernas, physicien, lance un appel pour que les scientifiques dépassent leur rôle d’experts et deviennent acteurs du débat public.

    Si les conséquences directes du tremblement de terre et du tsunami japonais sont évidentes et suscitent sympathie et solidarité sans équivoque, l’unanimité disparaît lorsqu’il s’agit de l’accident qui affecte les réacteurs nucléaires de Fukushima-Daiichi. La situation à Fukushima est “très préoccupante” selon plusieurs organisations internationales de contrôle nucléaire, et très loin d’être stabilisée. L’opérateur de la centrale, le gouvernement et le lobby nucléaire ont des raisons de rassurer, mais aussi de mal évaluer ou de minimiser les dangers.
    C’est d’abord la chance et un vent favorable qui ont éloigné la radioactivité de Tokyo, et il est certain qu’un territoire significatif et une aire de pêche essentielles du Japon seront zones interdites pour des décennies. L’impact ultime sur la santé et l’économie est encore indéterminé, mais le problème est devant nous pour plus d’un siècle. Les scientifiques – surtout les physiciens – ont ici un rôle très sensible. Analyser et informer ne suffit plus. Après Three Mile Island et Tchernobyl, Fukushima symbolise un véritable changement pour l’avenir de l’humanité, et exige que les scientifiques dépassent le rôle d’experts pour devenir acteurs dans le débat public.
    Au-delà de l’exploration de la nature, l’essence de la recherche et de l’éducation scientifique est d’apprendre à affronter au quotidien l’inattendu et les contradictions, à comprendre en quoi consiste l’incertitude, à “pré-voir”, à faire face à la complexité. Ces aspects sont totalement absents des desseins politiques et économiques actuels. Il est grand temps de se rendre compte qu’ils sont devenus indispensables pour rendre notre planète vivable et notre société démocratique. Affronter Fukushima requiert évidemment science et technologie, mais aussi un changement de perspective auquel les scientifiques peuvent contribuer. Trois exemples:
    1. Le vocabulaire est trompeur: Il n’existe pas de catastrophe “naturelle”. La Nature est indifférente, les catastrophes sont affaire humaine. Nous occupons la terre entière: il s’ensuit que l’activité humaine, pacifique ou guerrière, induit des effets à l’échelle planétaire. Ce n’est pas la géologie qui crée les “désastres”, ce sont des actions humaines telles que la construction d’une ville ou d’une centrale nucléaire sur une faille géologique. Les phénomènes physiques ou chimiques qui produisent notre énergie n’ont pas à être “maîtrisés”. Ils requièrent évidemment toutes sortes de recherches, mais c’est bien la technologie – le comportement humain face à la nature – qui nécessite d’être maîtrisé. Fukushima montre à l’évidence que la mise en œuvre de l’énergie nucléaire met à l’épreuve la capacité humaine à faire face à ses propres choix.
    2. L’humanité ne se contente pas de remplir l’espace, elle agit aussi sur le temps. L’énergie nucléaire et l’émission de radionucléides en est un symbole. Alors que tremblements de terre et tsunamis ont un effet immédiat, le temps de Fukushima est hors des gonds : la fuite de radioactivité affectera l’écologie et les habitudes alimentaires du Japon pendant des décennies. En réalité, la collision du long- et du court-terme, à Fukushima et ailleurs, eu lieu bien avant le désastre. La conception même des réacteurs, le tassement de six réacteurs à quelques dizaines de mètres les uns des autres, le placement des piscines de combustible irradié à l’intérieur même des bâtiments de réacteurs, la tentation de limiter contrôles et réparations, la mise en route d’une filière nucléaire en l’absence de méthode efficace pour traiter les déchets radioactifs… Aucun de ces dangers n’est intrinsèque à la nature physique de l’énergie nucléaire: ils ont tous une origine très humaine – le profit financier et (au départ) des applications militaires.
    Les recherches sur des technologies de réacteurs nucléaires plus sûres et sur des sources d’énergies alternatives étaient bien engagées voici 40 ans. Si une vision à long terme avait été proposée et débattue alors, elles auraient progressé considérablement et le Japon aurait pu réduire ou éviter le besoin et les risques d’une confrontation de l’énergie nucléaire avec les mouvements de l’écorce terrestre. L’humanité, comme le climat, est un système complexe dans lequel la recherche de gains à court terme peut compromettre la survie à long terme. Fukushima nous le redit brutalement.
    3. L’impact de nos activités étant aujourd’hui à l’échelle du monde, ne serait-il pas temps que l’humanité dans son ensemble tente un changement radical de paradigme, et que l’énergie, l’air et l’eau deviennent des biens communs recherchés, produits et distribués par tous pour tous? Nous savons déjà économiser l’énergie, accroître l’efficacité énergétique, évaluer le potentiel de nouvelles sources d’énergie, choisir la combinaison des sources adaptée à chaque région. Reste à le mettre en œuvre.
    Reste aussi à résoudre des problèmes immenses : stocker et transporter efficacement l’énergie. Sont-ils plus complexes sur les plans scientifique, technique, économiques que ceux résolus pendant le dernier siècle, créeraient-ils moins d’emplois? Certainement pas. La vraie, l’énorme difficulté est de quitter une démarche orientée vers le profit immédiat et la minimisation des coûts, pour une démarche tendant à chercher des solutions stables, sûres, pacifiques et économiques dans la durée. Impossible? L’efficacité typique d’un moteur à essence a doublée à peine en 100 ans, alors que l’efficacité d’une mémoire d’ordinateur a été multipliée par cent millions en 40 ans. La différence : imagination et décision, détermination, et investissement massif dans une recherche à long terme plutôt que maximisation des profits. Le rôle des scientifiques pour faire apparaître de telles réalités est devenu crucial.
    Dans le monde d’après Fukushima, les scientifiques ne pourront plus se satisfaire d’approvisionner en expertises et avis des décideurs politiques et économiques qui ont leur agenda propre, à plus ou moins courte vue. Sans arrogance et avec leurs concitoyens, il est grand temps pour eux de s’exprimer massivement et partager les responsabilités des décisions sociétales. Pour contribuer à concevoir un monde dans lequel les actions à court terme incorporent, sans les ignorer, leurs conséquences à long terme.
    Harry Bernas
    Harry Bernas est ancien directeur d’un laboratoire CNRS de physique nucléaire et de science des matériaux à l’université Paris-Sud, il étudie les effets d’irradiation dans les matériaux

  8. Un article vient de paraître sur le site du journal de référence scientifique Nature, une interview de M. Laurent Stricker, ingénieur nucléaire et ancien directeur de centrale, conseiller de l’opérateur français EDF et aujourd’hui président de la WANO (association mondiale des opérateurs nucléaires).

    Voici la traduction en anglais (désolé pour les non-anglicistes) de cet entretien, par Declan Butler :

    Laurent Stricker, chairman of the World Association of Nuclear Operators (WANO), says that the disaster at Japan’s Fukushima Daiichi nuclear plant should mark a turning point for an industry that many experts believe has become complacent about the safety of its reactors. Created in 1989, WANO is an international forum, headquartered in London, that brings together all nuclear power plant operators, along with governments and nuclear experts, to improve operational safety across the industry. Stricker is a nuclear engineer and former power plant director, and is also the senior adviser on nuclear affairs to the French utility company EDF.

    Should Fukushima prompt WANO to change its remit?

    Until now, WANO has addressed lessons learned from reactor operations, but not reactor design issues. I think in the future it should, in particular so that when operators modify their designs they draw more on analyses of past accidents.

    It is not easy to designate one reactor design as safer than another. Rather, one must look at the particular case of each reactor’s implementation, and its location. A reactor exposed to the threat of a tsunami doesn’t face the same risks as a reactor of the same design elsewhere.

    Population proximity is also very important. Japan, like many other countries, has several enormous nuclear sites near dense populations, so those demand even higher safety margins. After Fukushima, I believe that safety reviews should also consider the risk of accidents at several reactors at the same site at the same time. Often the current plans are only done for an accident in one reactor at a site.

    We also need to be prepared for events exceeding what a reactor was designed to withstand, and to learn how best to cope with accidents such as a loss of electricity supply and cooling capacity, as happened at Fukushima Daiichi. That means having the right emergency procedures and equipment, and regular emergency drills, often involving the local population. Some countries do this very well; others do it much less, or not at all.

    In October, WANO will bring together in China the chief executives of all the nuclear operators to discuss lessons learned from Fukushima, and any changes needed to WANO’s mandate. WANO needs to be in a position to verify that every nuclear operating company has plans to cope with unforeseen accidents.

    Has the industry been overconfident that a serious nuclear accident is now impossible?

    Absolutely. I worry about overconfidence. People think we have good designs, we have good operators, we have good procedures and good safety authorities, so they think everything is fine.

    Does the International Nuclear Events Scale distort the true safety record of the industry, with ‘near misses’ being registered as low-level incidents rather than potential disasters?

    I think you are right. And it’s true that the scale of severity is used in very different ways from one country to another. You also have differences in transparency from one country, and from one operator, to the next. At WANO, for example, we ask member companies to report incidents to us so that we can analyse them and share lessons from them. But between 5% and 7% of the power plants don’t report any events in a given year. As an operator, I’m convinced that anyone running a nuclear power plant is bound to have something to report over the course of a year.

    Could greater international oversight improve safety?

    My point of view is that there are not enough plans in place to immediately help an operator in another country to cope with an accident.

    Also, for countries that are relatively new to operating nuclear power plants, peer review before plant start-up is essential because serious accidents have often occurred in new reactors shortly after start-up. WANO sends teams of 20–25 engineers from other nuclear plants to review the functioning of the new plant for about three weeks and to provide a confidential report. The International Atomic Energy Agency has a similar programme that does five or six similar reviews per year; WANO has greater resources and conducts about 40 of these reviews a year. At our meeting in China, I will propose increasing their frequency.

    I have also proposed that if operators fail to make progress on issues flagged by these reports as ‘areas for improvement’, then WANO should be authorized to dispense with its obligations of confidentiality.

    If there is another major accident, is nuclear energy finished?

    I fear so. As we have seen at Fukushima, an accident in one country has consequences for all nuclear operators elsewhere.

    1. WAN0 est une organisation très responsable. On doit prendre très au sérieux les déclarations de leur porte-parole. Je traduis juste la dernière question et sa réponse:
      Q: Si un autre accident majeur survenait, serait-ce la fin de l’énergie nucléaire ?
      R: J’en ai peur. Fukushima nous a montré qu’un accident dans un pays a des conséquences pour l’ensemble des opérateurs nucléaires dans le monde.
      (Voir la décision de l’Italie de suspendre sine die son retour à des solutions nucléaires, en l’occurence 4 E.P.R)

    1. Bruno,
      je ne comprends rien à cette intervention:
      1- Je ne vois même pas à quel post du blog vous réagissez ?
      2 – Vous citez un dossier de l’IRSN. Très bien. Mais doit-on le rapprocher de votre question ?
      Celà veut-il dire que vous me reprochez de ne pas avoir cité l’IRSN ?
      Ou bien que d’une manière générale, je suis peu scrupuleux sur mes sources ?
      Puisque vous me demandez ce que j’en pense, je me dois de vous dire que je n’ai pas apprécié du tout la forme et le ton de cet envoi. C’est vraiment dommage. J’aime bien que l’on dise clairement ce que l’on pense, et là, c’est vraiment flou…
      Vous m’aviez habitué à mieux.

  9. pierre,
    je suis confus car je me suis tres mal fait comprendre et je m en excuse (j etais un peu pressé mais avait une idée pour aller dans votre sens)je cherchais juste, sans arrière pensée ni aucun
    ton de reproche, a vous suggerer une idée pour partager des liens de source serieuses (une rubrique info), pour mieux comprendre…: le qui propos vient peut etre du titre d un article que je pense digne d etre partagé, mais loin de moi l idee de vouloir donner des leçons! je suis gené de votre interpretation…mais j aurais pu etre plus explicite!
    bonne journee bruno

    1. Ne vous inquiétez pas Bruno. Ce n’est pas grave, et cela peut arriver à tout le monde, moi le premier, de ne pas réussir à faire comprendre ce que l’on a envie d’exprimer.
      Sur le fond, je retiens votre suggestion de mémoriser les liens de sources d’infos intéressantes et fiables. WordPress a d’ailleurs un widget pour cela. Je vais me pencher là-dessus.
      A bientôt, et merci encore pour vos contributions.

  10. Pourquoi ne fabrique t on pas des réacteurs à thorium? Est ce faisable?
    Cette source d info dit elle vrai? (cela m etonnerais car ça parait trop evident): « Le thorium est beaucoup plus sur puisque le thorium par lui même n’est pas fissile, beaucoup moins cher car le traitement du combustible est beaucoup plus simple. Le thorium est beaucoup plus abondant et le taux d’utilisation dépasse les 90% contre quelques pour-cents seulement pour l’uranium/plutonium.
    Si on avait utilisé le thorium, les déchets radioactifs auraient été 10 fois moindre que l’uranium pour une même quantité d’électricité générée de plus les déchets thorium n’ont besoin que d’être stocker que pendant 300 ans ce qui est faisable au lieu de 100 mille ans pour l’uranium/plutonium … »
    Merci d’avance de votre reponse, Pierre.

    1. Bruno, une réponse rapide comme celle que je suis en train de poster ne va certainement pas faire l’affaire, car le sujet est vaste, difficile à débrouiller, et très très intéressant.
      Le genre cité: « Si on avait…ce serait beaucoup mieux…. » ne peut pas aller très loin.
      Pour mieux traiter la question, je vais préparer un article sur les projets actuels de Réacteurs à sels fondus utilisant le thorium.
      Ce n’est pas une idée nouvelle, on la dit prometteuse, mais ce n’est pas pour tout de suite. Mieux vaut penser à l’horizon 2040-2050, ce qui exigera de comparer avec les autres projets candidats à devenir les solutions de quatrième génération. (Notre parc REP actuel étant la seconde, et les EPR la troisième).

  11. « Un article sur les projets actuels de Réacteurs à sels fondus utilisant le thorium » : génial, peut etre de quoi me faire devenir un adepte des ces projets de 4éme generation! En tout cas, je l espere!!! Merci encore pour votre souci d informer le grand public, c est beaucoup de travail pour vous, mais si l information sur les perspectives du nucleaire a moyen-long terme peuvent etre mieux diffusées, c’est bien…peut etre y aura t il plus de pro-nucleaires en matiere d energie….et surtout, peut etre serons nous moins inquiets concernant l avenir et la securité de nos enfants…
    Vous avez raison, avec des « si »…on peut tout faire, les critiques sont tellement faciles, pendant que ceux qui agissent (comme vous a nous informer, par exemple) sont tellement plus constructifs dans leur action!

    1. Merci de vos encouragements, Bruno.
      Je confirme donc que j’ai deux articles à bientôt mettre en ligne: a) un sur « Comment on reçoit les consensus scientifiques en fonction de notre culture »; b) un sur les projets de réacteurs nucléaires de 4ème génération, parmi lesquels les réacteurs à sels fondus utilisant du thorium (non fissile).
      A bientôt donc.

  12. Bonjour Pierre,

    Avant tout, meilleurs voeux 2012 pour vous et votre famille, si sympathique.
    C est une fois encore l ignorance et l inquietude qui poussent ma curiosité, je me tourne donc encore vers votre site si utile :

    Que doit on penser de cet article sur l’EPR ?
    Bernard Laponche a un sacré CV! Son point de vue me laisse méditatif!

    http://www.actu-environnement.com/ae/news/risques-centrale-nucleaire-epr-mox-dechets-14436.php4

    Bien amicalement,

    Bruno

    1. Bonjour Bruno,
      Tout d’abord, bonne année 2012 !
      Donner en quelques lignes la possibilité de se forger un jugement à la fois pertinent et honnête sur un sujet aussi complexe que l’E.P.R est une gageure quasi insurmontable. Mais c’est vrai également pour Bernard Laponche !
      Néanmoins, je vais mettre en exergue trois observations que la lecture de l’article cité (voir le lien dans le commentaire auquel je réponds ici) me suggèrent.

      1 – L’industrie de la production d’électricité à partir de chaleur nucléaire date de 1960 environ, soit aujourd’hui un bail de 50 ans d’expérience, soit un ordre de grandeur de 10.000 années-réacteur, en tablant sur un nombre moyen de 200 réacteurs étant ou ayant été en exploitation. Et Laponche dénombre à l’issue de cette énorme expérience, 4 accidents majeurs (1 en Ukraine, 3 au Japon), et heureusement pour nous, zéro en France. C’est quand même l’évidence d’une industrie extrêmement sûre, à comparer alors aux industries chimiques, pétrolières ou minières.

      2 – Pour l’E.P.R proprement dit, Laponche distingue 4 questions critiques:
      a – Les interrogations sur le Contrôle-Commande:
      Ce n’est pas là une question relevant du nucléaire. Il s’agit uniquement de choix d’architectures, de coûts, et aussi de querelles nationales quant aux solutions informatiques à mettre en oeuvre. D’où les retards et questions qui fâchent. Mais rien à voir avec les problèmes nucléaires.
      b – Le « cendrier à corium »:
      Je ne peux pas commenter, n’ayant pas de connaissances sur ce point, nouveau dans la filière à eau pressurisée. Mon idée à priori est qu’il vaudrait mieux être certain qu’un tel dispositif ne servira jamais à rien.
      c – Le MOX. Là, Laponche frôle la malhonnêteté, car il ne peut décemment pas critiquer le fait que l’EPR puisse fonctionner avec un coeur composé à 100 % de combustible du type MOX, après avoir reconnu plus haut qu’on peut également s’y passer totalement de MOX. La réalité est que les neutroniciens sauront toujours choisir l’optimum entre 0 et 100 %, afin de gérer au mieux avantages et inconvénients de ces finesses dans l’élaboration du combustible.
      d – Pleurnicher qu’on risque de ne pas savoir mettre à l’abri d’inondations éventuelles des groupes Diesel, et cela au XXIe siècle, est consternant. Au moins sur nos sites où l’éventualité d’une onde de submersion géante (14 à 16 mètres de hauteur au Japon !) est quasi nulle.

      3 – Le dernier point concerne le degré d’objectivité qu’on peut accorder à Bernard Laponche, transfuge du CEA, et à son complice Benjamin Dessus, transfuge d’EDF. Leurs connaissances scientifiques et leur expérience ne sont pas à mettre en doute. Mais leur psychologie oui. Ils me font penser à ces religieux défroqués qui après avoir longtemps encensé leurs églises, en sont devenus les pires contempteurs.

      Pierre Cormault

  13. Ca me parait plus clair, merci Pierre.

    « Pleurnicher qu’on risque de ne pas savoir mettre à l’abri d’inondations éventuelles des groupes Diesel, et cela au XXIe siècle, est consternant. » :
    Cette partie de l article m’avait aussi interloqué et rendu sceptique!
    ça n’allait pas avec le CV de ce Monsieur et de ses compétences (du XXeme siecle;))!

    Pour le reste, j apprécie vos commentaires nuancés mais incisifs.

    A bientot, Pierre.

    Bruno

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