Bonjour à Tous !

Le vendredi 11 mars 2011, à 16 H 46 heure locale, un séisme extrêmement important (de magnitude 8,9 sur l’échelle de Richter), a affecté la partie Nord-Est du Japon. Beaucoup plus grave encore, ce séisme a engendré un tsunami dévastateur (une vague monstrueuse de plus de 10 m de hauteur) qui a dévasté le littoral de toute la région, provoquant des milliers de victimes parmi la population.

Les sources d’énergies primaires (hydraulique, charbon, gaz, pétrole) du Japon étant extrême­ment faibles, la fourniture d’électricité aux 60 millions de Japonais repose partiellement sur un parc de 17 centrales nucléaires, exploitant une cinquantaine de réacteurs, et toutes situées en bord de mer.

Les exigences en matière de sûreté nucléaire édictées par la communauté internationale sous l’égide de l’A.I.E.A expliquent un fait qui ne va pas de soi: Un seul de ces sites de production d’électricité d’origine nucléaire connaît, huit jours après avoir subi l’action du séisme et du tsunami, une situation accidentelle menaçant encore de devenir totalement catastrophique..

Ce site est celui de Fukushima Daiichi sur la côte Est, et ce nom de Fukushima est celui que les habitants du monde entier connaissent maintenant, puisqu’il est répété par tous les média (télévisions, radios et journaux), à longueur d’émissions.

Cette activité médiatique intense et terriblement anxiogène laisse vraiment mal à l’aise quiconque y a été soumis matin et soir pendant le six premiers jours de la crise. Le spectacle en boucle des mêmes panaches de gaz et de vapeurs violemment expulsés de bâtiments industriels uniformément qualifiés de réacteurs, l’absence quasi totale de données quantitatives sur les rayonnements libérés et les énergies ainsi mises en jeu, obligent l’observateur objectif à craindre que cette surabondance d’informations souvent approximatives et mal assimilées par leurs présentateurs ne comporte en fin de compte un risque majeur lui aussi, celui de conduire à un certain niveau vraiment néfaste de psychose collective.

Il faut reconnaître que cette situation de crise est exceptionnellement complexe, rapidement changeante, et que les informations à la fois pertinentes et accessibles sont difficiles, pour ne pas dire impossibles, à trouver. Un élément nouveau est cependant apparu, qui est la disponibilité sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter de nouvelles sources d’une information capable de suivre presque en temps réel les évènements. Seule la vigilance, la compétence et les motivations des membres de ces réseaux sociaux peuvent faire que ce phénomène soit une bonne ou une mauvaise chose.

Pour ma part, et à condition d’accepter d’y consacrer beaucoup de temps et d’efforts en matière de recoupements et de vérifications, je suis convaincu que c’est une voie pouvant être efficace pour servir la cause de la vérité. Et à condition d’avoir la chance de posséder un niveau suffisant de connaissances scientifiques et d’expérience professionnelle en matière d’énergie nucléaire, il devient alors possible de dépasser le stade de la réaction uniquement émotionnelle qui est celui des média, et d’accéder à une meilleure évaluation de la situation au fur et à mesure de son développement. Comme j’ai eu cette chance, il m’a semblé que le minimum que je pouvais faire était de tenter, à tout le moins, d’en partager les fruits avec d’autres. Ce sont donc les résultats de cette collecte quotidienne de faits, de données et d’analyses, dont je me suis décidé à faire la synthèse sous une forme lisible par une majorité de gens, dans ce qui fut initialement une Lettre d’information adressée par e-mail à une liste de destinataires.

Ce blog est destiné à remplacer cette Lettre, avec je l’espère, une efficacité accrue.

Les premières sources, toutes anglophones, qui m’ont permis de commencer ce travail sont les suivantes:

1 – Le site de la compagnie TEPCO (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant des centrales électriques en crise, en charge de la communication officielle de la compagnie vers les média :

http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/

2 – Le site du Département de Science Nucléaire et de Technologie (NSE) du M.I.T

http://mitnse.com/

3 – Le blog du Professeur Barry Brook, Directeur du Département Climate Change de l’Institut d’Environnement de l’Université d’Adélaïde, Australie:

http://bravenewclimate.com

Le 17 mars dernier, la première urgence me paraîssait être de faire le point sur la seule grandeur tangible permettant pour le moment d’évaluer l’importance de la menace pesant sur les populations civiles vivant près de la centrale de Fukushima, et plus loin au gré des vents dominants. Cette grandeur est naturellement le résultat des mesures des rayonnements ionisants pouvant affecter la santé des personnes exposées à ces rayonnements.

Cette première information aura donc permis de prendre connaisssance des résultats de mesures de rayonnements faites sur le site de Furushima disponibles depuis le 17 mars. Pour permettre aux lecteurs de comprendre ces données, des informations techniques simples mais suffisantes les complèteront, en permettant de comprendre quelles sont les grandeurs mesurées et de se faire une idée des différents seuils de dangerosité. Ultérieurement, il sera alors intéressant d’aborder la question du devenir de ces émissions radioactives. Comment se dispersent-elles dans l’atmosphère ? Comment évoluent les niveaux d’énergie de ces menaces potentielles ? Et c’est seulement lorsque cet aspect concernant directement les populations pouvant être affectées sera suffisamment clarifié qu’il pourra être utile de revenir sur l’historique des évènements, afin de mieux comprendre la genèse de la crise, et de dissiper beaucoup d’appréciations et d’affirmations erronées, afin de restaurer la confiance qu’il est indispensable d’avoir dans les capacités de l’industrie civile nucléaire à remplir sa tâche.

Pour en savoir plus, cliquez ici

Pierre Cormault

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4 Comments

  1. Bonjour Monsieur,

    Avant tout, merci pour votre travail d information.

    Que doit on penser de l alerte de la CRIIRAD concernant la methode de mesuse et des elements gazeux…?

    et le manque de transparence :

    « Plus de 60 laboratoires d’analyse équipés de détecteurs de très haute précision sont répartis sur l’ensemble de notre planète et contrôlent quotidiennement la radioactivité de l’air. Leur mission : rechercher les très
    faibles quantités de produits radioactifs qui pourraient indiquer qu’un essai nucléaire a été effectué en violation du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICEN).
    Les résultats de ces analyses permettraient de suivre, jour après jour, et depuis le 12 mars 2011, l’avancée des masses d’air contaminé par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHII.
    C’est impossible car les données sont confisquées par les Etats. Les résultats sont transmis à des organismes officiels qu’ils sélectionnent et qui sont tenus de ne rien divulguer. Le réseau international de mesure
    est financé par de l’argent public. Les populations ont droit à cette information. Tous les chiffres doivent être publiés et non pas quelques chiffres soigneusement choisis par les autorités. »

    et concernant la contamination en mer : elle ecrit :

    Le fait de connaître les niveaux de contamination des paramètres clefs de l’environnement n’est certes pas une garantie de protection. Il est en revanche certain que l’absence de données ne peut qu’empirer les choses. L’opacité n’a jamais profité à la défense des intérêts sanitaires de la population. Tchernobyl l’a clairement démontré.

    « Précision importante : l’air contient nécessairement d’autre radionucléides : probablement des gaz
    rares radioactifs comme le krypton 85 et le xénon 133 mais également du tritium, du tellure 132, des
    isotopes du ruthénium, du tellure, du strontium. Il faudrait également savoir si l’air contient des
    transuraniens, des émetteurs alpha très radiotoxiques comme les plutoniums 238,239 ou 240 ou
    encore l’américium 241. »

    Merci de votre reponse car il n y a pas que les medias qui sont alarmistes… (alarme sur place et par rapport a la circulation des aliments aussi!)

    Que pensez vous du fait d utiliser des interimaires dans les centrales nucleaires francaises?

    Pourquoi en France des centrales sont construites sur des failles sismiques ou « a la limite des normes (voir tremblement de terre de 1903)..?

    Combien de temps et sur quelle surface cette region japonaise sera un NO Man s Land ???

    Nous sommes inquiets pour l avenir sur terre de nos enfants car de plus en plus de pays (devellopés technologiquement ou pas, stables ou pas) veulent posseder cette energie la ! quitte a faire l economie de sécurités trop couteuse.

    Ne serait il pas plus logique que les gouvernements investisent lourdement dans d AUTRES recherches?

    et décider d en sortir dans 30 ou 40 ans…avec un moratoire en vue…

    sinon, en tenant compte des sciences statistiques, dans combien de temps la terre sera polluée a grande echelle avec de nombreux no man s land.

    « L erreur nucleaire est humaine » (compte tenu des 5 elements que nous ne maitriserons jamais) doit il etre banalisé?

    1. Merci de votre intérêt pour le travail d’information que j’ai entrepris.
      Votre longue (et plutôt technique) contribution nécessiterait beaucoup de temps pour être entièrement déchiffrée et commentée. Mais le mieux est parfois l’ennemi du bien. je vais donc me contenter de vous donner des réponses directes aux questions directes que vous posez en fin de post:

      Que pensez vous du fait d utiliser des interimaires dans les centrales nucleaires francaises?

      Pas grand chose de catégorique, je pense. Il existe une législation précise du travail sur cette question. Quelles tâches peuvent-elles être confiées à ces intérimaires ? Certainement, aucune tâche sensible. Pour accéder dans une zône contrôlée, il faut avoir des habilitations. Je crois que comme dans la plupart des entreprises, les intérimaires se trouvent plutôt du côté des tâches de bureau, à faire des photocopies, par exemple.

      Pourquoi en France des centrales sont construites sur des failles sismiques ou « a la limite des normes (voir tremblement de terre de 1903)..?

      Si vous pensez à un cas précis, il faut me le citer si vous désirez une réponse…

      Combien de temps et sur quelle surface cette region japonaise sera un NO Man s Land ???

      Je ne sais pas répondre à cette question. Seuls les japonais peuvent le faire. Mais votre ‘no man’s land’ ne me paraît pas un terme vraiment approprié.

      Pour ce qui concerne le débat « Sortir du nucléaire ? » que vous abordez également, il ne serait pas sérieux de l’aborder en quelques mots ici. Mais je prépare un article sur le sujet que vous pourrez bientôt lire sur le blog.

  2. Bonjour,
    En lisant la rubrique « Qui suis-je » je constate que nos conversations ont té fructueuses.
    Si les responsables de TEPCO se prennent les pieds dans les puissances de 10 où allons-nous ?

    1. Merci pour les commentaires via votre e-mail.
      Pour ce qui concerne cette erreur extravagante, un lapsus devrait-on dire, je pense qu’il faut la mettre sur le compte de l’énorme stress qui doit peser sur tous ces hommes depuis le 11 mars. Qu’en serait-il en France si notre pays avait subi un séisme de magnitude 9 et un tsunami de 10 à 14 m ?

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